Chemin des fins

Publié le par Editions Bérénice

chemin des fins

Chemin des fins

de Pascal Dereudre

Editions Bérénice

Collection Tatou

2006

2-911232-72-0

Prix : 10€

 

Ecrire c'est rejoindre l'autre, tous les autres. Ce premier livre de Pascal Dereudre confirme l'humanité profonde d'un auteur au regard innocent. Les personnages qui défilent ici ont en commun une dignité préservée coûte que coûte face aux épreuves qu'ils ont eues à subir. Si certains paient de leur vie cette difficulté de rester eux-mêmes, cette manière brutale de s'effacer reste pas moins porteuse d'une lucidité qui force la compassion. Il y a dans ces pages d'une grande justesse des histoires de silence et d'amour.

«Ne me demandez pas s'il s'agit d'un suicide ou d'un accident, Monsieur. Mais laissez-moi vous dire ceci : on n'annonce pas à un homme qu'il est renvoyé à la fin du chantier avant de le laisser monter sur un toit pour y travailler».


Fr
ancis Vladimir

 

Pascal Dereudre publie avec Chemin des fins son tout premier livre. Agé de 36 ans, ouvrier jardinier de profession, il anime depuis 1998 la compagnie de théâtre amateur Les pieds sur scène.

 

Extraits :

 

"Chemin des fins, c'est le nom d'une rue, à Annecy. Je ne sais plus très bien où exactement. Une rue comme beaucoup d'autres avec un début et une fin. Pourquoi ce pluriel alors ? Une rue, n'importe laquelle, pouvait-elle avoir plusieurs issues, excluant d'office l'impasse ? Ce pouvait-il qu'en la remontant, le début devienne une seconde fin, ce qui n'impliquerait pas pour autant une seconde chance, un nouveau début mais peut-être bien une continuité ? Au bout du chemin il est vrai, on en trouve souvent un autre, voire plusieurs, qui nous oblige à faire des choix ; ces choix qui jalonnent notre vie et nous donnent par là même l'illusion d'en être le maître. Douce impression de liberté quand, au contraire, cette succession de rues, de chemins et de routes ne semble pas être autre chose qu'un labyrinthe, où l'on ne peut que se perdre en attendant que la mort nous en dévoile l'issue. Un parcours fait de bosses, de creux, d'ornières ; un peu comme nos peines et nos joies surgissant au détour d'un numéro, de l'ombre d'une porte cochère ; grinçant parfois comme la grille d'un vieux jardin abandonné. Chemin des fins, c'est brutal comme un poing d'exclamation, une lettre de renvoi, un lapin, une place de cinéma restée vide à côté de soi. Cette route qu'on suivait tranquille, chemin faisant ; qu'on explorait comme une pochette surprise et qui se heurte soudain, sans panneau pour crier «gare», à un lit d'hôpital. Je ne pensais pas y retourner un jour, sans toi. Combien de ces hôtels ont connu nos fins de nuits ? Le lit en pagaille. Les corps en désordre."

Publié dans Collection Tatou

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