Le poids des silences, par l'auteur

Publié le par Editions Bérénice

poidsdessilencesLe poids des silences

de Jean-Michel Platier

Editions Bérénice

Collection Poésie

ISBN : 2-911232-00-3

Prix : 10,52€

 

 

J’ai commencé à écrire en 1986, à Paris, dans le XIIème arrondissement, un soir de novembre vers 22 heures, sur mon bureau de la cité universitaire. Ce besoin soudain, inévitable s’est traduit par l’écriture naturelle qu’est pour moi écrire des poèmes. Cette nécessité vitale m’a certainement permis d’échapper à un destin qui ne m’avait pas été dicté en toute conscience, selon ma volonté…

J’ai tapé alors à la machine à écrire des centaines de textes dont certains ont vu le jour quelques années plus tard dans des revues poétiques : Jointure à Paris, Aube-magazine à Vénissieux, Verso dans le Rhône.

Ces expériences m’ont conduit à avoir un regard particulier sur mes propres œuvres et le travail qui a suivi a abouti à l’écriture en 1993 de mon premier recueil Le poids des silences.

Ce livre poétique fut le premier à avoir été publié par le label des éditions Bérénice sur les conseils de mon ami Thierry Renard qui voulut bien rédiger la préface. Il fut salué lors de sa sortie en juin puis à l’automne 1995 à deux reprises par André Parinaud lors de son émission poétique, quelques minutes avant le journal de 18 heures sur France Inter.

 

Le Poids des silences fut écrit dans un souffle, dans la tentative de traduire les souvenirs latents d’un passé, d’une enfance recomposée au jeu des souvenirs, des sentiments et impressions ressentis durant ces premières années ; le manque, l’effroi et la peur, la maladie omniprésente, la douleur physique et psychique et la conscience de ressentir les souffrances des mes parents ouvriers, de mes grands-parents qui ne s’étaient pas aimés, ou mal ou pas assez…

En écrivant, je devenais ainsi un maillon essentiel de reconstruction. Au-delà de l’aspect purement familial ou psychanalytique, la poésie se transformait en outil pour mettre en relation des mots, des impressions comme dans un tableau impressionniste pour marquer, plutôt tenter de marquer durablement le lecteur, mon lecteur universel.

 

Ce livre a presque vingt ans, dieu que cela passe vite vingt ans… Ce livre a vécu et je regrette seulement quelques points qui y figurent ; des titres ou sous-titres, des extraits d’oeuvres d’auteurs contemporains qui ne méritent pas aujourd’hui d’y figurer…

 

Dans cette archéologie des souvenirs et des poèmes écrits, beaucoup vivent encore en moi et je ne les renie en aucun cas !

Un premier livre est comme un premier enfant, il marque durablement et en se retournant vers sa naissance, on se voit vieillir, malgré tout, on oublie aussi la raison exacte de la création d’un poème. Car c’est cela aussi la création littéraire : l’auteur écrit dans un moment d’intense conscience en pensant à des faits, des êtres précis et puis la mémoire se joue au fil du temps passé de cet état premier dans lequel se réalisa l’écriture… L’auteur alors s’efface peu à peu pour ouvrir la porte et laissez la place aux spécialistes, linguistes, exégètes savants. C’est à ce moment-là que l’œuvre revit une nouvelle fois, dans la complexe relation à trois entre auteur, critique et public qui réunis peuvent transformer un texte en lui donnant une petite dose éternelle et en le faisant voyager vers des lecteurs dans le monde entier.

 

La poésie permet cette extraordinaire aventure, capable d’arrêter le temps, porteuse du souffle libérateur, instrument de la vie réelle et de l’imaginaire dont nul ne devrait être exclu. La poésie a été et sera je crois l’instrument de libéralisation par définition. Et écrire devient ainsi un acte de choix positif qui fait qu’un individu écrivant peut devenir ce repère laïc de générations dans l’attente, à l’écoute du nouveau d’une langue inconnue qui naît et se transforme à chaque instant dans l’évocation personnelle d’univers féconds sans cesse recomposés.

 

Jean-M. Platier


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