T.Renard à Clermont-Ferrand 19/04/2011

Publié le par Editions Bérénice

Mon surréalisme, donc.

« Tant va la croyance à la vie, à ce que la vie a de plus précaire, la vie réelle s'entend, qu'à la fin cette croyance se perd. »
André Breton, Manifeste du surréalisme.

Ma première rencontre avec le surréalisme remonte à cette époque, déjà lointaine pour moi, où entre 1978 et 1988, j'ai passé la plupart de mon temps à lire de la poésie, dix longues années durant lesquelles j'ai lu les poètes d'hier et d'aujourd'hui — les poètes de toujours ! —, d'ici et d'ailleurs, d'ici et de là-bas... Durant toute cette période, j'ai aussi étudié de très près la Révolution française ainsi que ses principaux acteurs. J'étais alors animé, transporté presque, par une double formule, une formule d'ailleurs chère aux surréalistes et à André Breton lui-même, principal fondateur du mouvement : changer la vie (Arthur Rimbaud) et transformer le monde (Karl Marx). La cause n'est pas enterrée, mais les lignes ont bougé. Avec le temps et sa fuite constante, on apprend la modestie. On garde le même souffle, le même rythme... mais on accuse, un peu, le coup. Alors, pour rester dans le coup, celui des expressions faciles, on change son fusil d'épaule et on adapte son idéal à la réalité. Mais on conserve, oui, sa part de révolte et d'imagination, on conserve en ligne de mire le bout du tunnel, la lucarne ovale, le seuil du jardin et la fumée des usines... L'imaginaire est sauf, et l'énergie revient. Ce que j'ai aimé par-dessus tout dans le surréalisme, ce sont ses acteurs contradictoires : Breton, Éluard, Soupault, Aragon, Péret. D'autres, encore. Tant d'autres ! Les poètes, d'abord. Les peintres ensuite. Mais j'oubliais l'un des plus vifs et des plus vivants : Tristan Tzara. Un temps chef de file de l'art nouveau et actif propagandiste du mouvement « Dada », Tzara tenta de concilier surréalisme et communisme. Il est également l'auteur de l'un des plus fabuleux ouvrages de poésie de ces trois derniers siècles, avec Une Saison en enfer de Rimbaud et La plupart du temps de Pierre Reverdy, L'Homme approximatif. Voilà, j'ai dit l'essentiel, je crois, sur mon rapport au surréalisme. Aujourd'hui, le mouvement s'est éteint et toutes les vaines oppositions ont disparu. Moi, comme naguère Saint-Just, « je ne suis d'aucune faction, je les combattrai toutes ! ». Ce que j'aime par-dessus tout, ce sont avant tout les poètes et la poésie. Et, chaque soir, je chante et je récite le peuple dans son entier.
Amitiés poétiques !
Thierry Renard

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